Sommaire :
- Pourquoi Suimenkul Tchokmorov compte
- Chon-Tash, dessin et volley-ball
- Formation artistique
- Le choix de Bolot Shamshiev pour son premier film
- Cinq films pour commencer
- Quatre prix d’interprétation
- Tchokmorov peintre, musée et droit d’auteur
- Aïtmatov et Kurosawa
- Mémoire, musée-atelier et 5 000 soms
- Questions fréquentes
Pourquoi Suimenkul Tchokmorov compte
Suimenkul Tchokmorov appartient à la période de la fin des années 1960 et des années 1970 souvent appelée « miracle kirghiz » du cinéma. Autour de Bolot Shamshiev, Tolomush Okeev, Gennadi Bazarov et d’autres réalisateurs, les paysages, les gestes et les expériences locales deviennent la matière même des films, plutôt qu’un fond exotique.
Tchokmorov arrive au cinéma après une formation artistique soviétique complète et une première expérience d’enseignement de la peinture. La composition, les pauses et les visages de ses rôles peuvent se lire à la lumière de ce parcours, sans établir de lien mécanique entre ses deux métiers.
Il continue à peindre des portraits, des paysages et des natures mortes pendant toute sa carrière d’acteur. La peinture reste ainsi un métier et une part essentielle de son œuvre, parallèlement au cinéma.
Chon-Tash, dessin et volley-ball
Suimenkul Tchokmorov naît le 9 novembre 1939 à Chon-Tash, près de Frounzé, et grandit pendant la guerre. Une biographie officielle de la Banque nationale raconte qu’une maladie grave l’isole longtemps, sans en donner le diagnostic. Son frère aîné Namyrbek lui apprend alors les bases du dessin, et le jeune garçon copie des reproductions trouvées dans des albums.
Après l’amélioration de sa santé, des médecins lui recommandent le sport. Pendant ses études à Leningrad, il obtient le titre soviétique de maître des sports en volley-ball et joue dans l’équipe étudiante de la ville. Ce parcours sportif précède sa carrière à l’écran, sans suffire à expliquer son jeu d’acteur.
Formation artistique
Tchokmorov étudie d’abord à l’école d’art de Frounzé. Il poursuit à Leningrad, à la faculté de peinture de l’Institut Répine de peinture, sculpture et architecture, dans l’atelier d’Evsei Moiseenko. Il obtient son diplôme en 1964.
De retour à Frounzé, il enseigne la peinture et la composition. Avant son premier tournage, il maîtrise donc déjà le dessin, la couleur, la disposition des masses et le travail patient d’atelier. La peinture demeure ensuite présente pendant toute sa carrière au cinéma.
Le choix de Bolot Shamshiev pour son premier film
En 1967, Bolot Shamshiev choisit Tchokmorov pour le rôle principal de Coup de feu au col de Karash, d’après Mukhtar Auezov. C’est le premier long métrage de fiction du réalisateur. Tchokmorov, lui, n’a suivi aucun cursus d’acteur et ne possède aucune expérience professionnelle du jeu.
Il interprète Bakhtygul en travaillant le silence, le regard et la posture. Le film sort en 1968. Dès ce premier rôle, le personnage se construit autant par sa manière d’occuper le cadre que par le dialogue, une qualité que Tchokmorov conservera au fil de sa carrière.
Après ce début viennent des films d’aventure, des drames historiques, des adaptations et des récits contemporains. Il travaille pour Kyrgyzfilm, Mosfilm, des studios de républiques voisines et un projet d’Akira Kurosawa.
Cinq films pour commencer
Coup de feu au col de Karash (1968). Son premier rôle principal montre comment une présence silencieuse et une posture peuvent porter le conflit de Bakhtygul.
Les Coquelicots rouges d’Issyk-Koul (1971). Ce film d’aventure autour de contrebandiers ouvre une autre facette de son jeu et l’inscrit dans un paysage immédiatement reconnaissable.
Le Féroce (1973). L’adaptation de Mukhtar Auezov par Tolomush Okeev met en tension l’individu, la communauté et la nature.
La Pomme rouge (1975). Tiré d’un récit de Tchinguiz Aïtmatov, ce drame psychologique contemporain déplace l’acteur loin de l’aventure et du récit historique.
Ulan (1977). Sous la direction d’Okeev, Tchokmorov interprète Azat, un personnage qui perd progressivement le contrôle de sa vie.
Quatre prix d’interprétation
Tchokmorov reçoit quatre prix d’interprétation masculine au Festival de cinéma de toute l’Union : pour Les Coquelicots rouges d’Issyk-Koul à Tbilissi en 1972, Le Féroce à Bakou en 1974, Ulan à Erevan en 1978 et Des hommes sans femmes à Tallinn en 1982.
Les quatre films récompensés sollicitent des registres distincts : aventure, conflit historique, drame d’un homme qui se défait et récit intimiste. Tchokmorov reçoit aussi le Prix d’État Toktogul et devient le premier professionnel du cinéma du Kirghizstan à obtenir le titre d’Artiste du peuple de l’URSS.
Tchokmorov peintre, musée et droit d’auteur
Les biographies muséales dénombrent plus de 400 œuvres picturales. Il peint des paysages et des natures mortes, mais surtout des portraits : Mère, Mon fils, ainsi que des portraits d’Akira Kurosawa et de Monica Vitti figurent parmi les titres cités.
Une part essentielle de cet ensemble appartient au Musée national des Beaux-Arts Gapar Aïtiev. Une œuvre précise peut toutefois être en réserve ou intégrée à une exposition temporaire. Consultez l’affiche et les fiches du musée avant votre visite.
Le musée publie notamment une fiche pour l’aquarelle Dans la yourte. Les tableaux de Tchokmorov ne sont pas reproduits ici, car le droit d’auteur peut encore les protéger. Les vues du bâtiment et des salles permettent de situer la collection sans recourir à des copies non autorisées.
1/2. Le musée conserve l’essentiel des peintures de Suimenkul Tchokmorov Photo : Adam Harangozó, Wikimedia Commons , CC BY-SA 4.0 ; modifiée pour ce site.
2/2. Peinture et sculpture dans les salles du musée Photo : Davide Mauro, Wikimedia Commons , CC BY-SA 4.0 ; modifiée pour ce site.
Aïtmatov et Kurosawa
Tchokmorov apparaît dans plusieurs films liés à Aïtmatov : Djamilia, Moi, Tian Shan, La Pomme rouge et Les Premières Grues. Ces œuvres distinctes montrent plusieurs manières de porter la prose de l’écrivain à l’écran.
La maison-musée de Tchinguiz Aïtmatov conserve des œuvres de Tchokmorov parmi les objets et les cadeaux. Leur présence révèle un milieu culturel partagé entre écrivains, peintres et cinéastes.
Tchokmorov travaille aussi avec Akira Kurosawa sur Dersou Ouzala, puis peint son portrait. Cette production non kirghize inscrit l’acteur dans un espace cinématographique soviétique et international plus vaste, tout en reliant de nouveau ses deux métiers.
Mémoire, musée-atelier et 5 000 soms
À Bichkek, son musée-atelier se trouve au 170, rue Toktogul. Lors de l’ouverture, la mairie a annoncé des peintures, des archives personnelles, des objets, des récompenses et des photographies. Aucun horaire officiel stable n’étant publié, confirmez l’ouverture juste avant votre visite.
L’atelier présente les objets et le cadre de travail ; le musée Aïtiev replace la peinture dans une histoire artistique plus large ; le monument et la monnaie montrent son image publique. Pour découvrir ses deux métiers, associez si possible une projection à la visite de l’atelier ou du musée.
Le billet moderne de 5 000 soms montre Tchokmorov au recto et le cinéma Ala-Too au verso. Les deux faces associent l’acteur à une salle de cinéma, tandis que la peinture reste absente de cette composition commémorative.
Suimenkul Tchokmorov et le cinéma Ala-Too sur le billet de 5 000 soms
Questions fréquentes sur Suimenkul Tchokmorov
Qui était Suimenkul Tchokmorov ?
Suimenkul Tchokmorov (1939-1992) était peintre professionnel et acteur majeur du cinéma kirghiz. Il a continué à peindre portraits, paysages et natures mortes pendant toute sa carrière au cinéma.
Quel fut le premier film de Suimenkul Tchokmorov ?
Bolot Shamshiev le choisit en 1967 pour jouer Bakhtygul dans Coup de feu au col de Karash, alors qu’il n’avait aucune formation d’acteur. Le film sortit en 1968.
Quels films regarder pour découvrir Tchokmorov ?
Vous pouvez commencer par Coup de feu au col de Karash, Les Coquelicots rouges d’Issyk-Koul, Le Féroce, La Pomme rouge et Ulan. Ces cinq films couvrent aventure, histoire et drame psychologique.
Suimenkul Tchokmorov jouait-il au volley-ball ?
Oui. Pendant ses études à Leningrad, il obtint le titre soviétique de maître des sports en volley-ball et joua dans l’équipe étudiante de la ville.
Où voir les peintures de Tchokmorov ?
Le musée Gapar Aïtiev conserve une part essentielle de son œuvre, et son musée-atelier de Bichkek présente aussi peintures et archives. Une toile précise peut être en réserve ou en exposition temporaire : vérifiez l’affiche du musée avant la visite.
Que montre le billet de 5 000 soms consacré à Tchokmorov ?
Le billet moderne place son portrait au recto et le cinéma Ala-Too au verso. Cette composition relie l’acteur à l’écran urbain ; elle reste une image commémorative moderne.
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