Sommaire :
Après une morsure de serpent, appelez immédiatement le 112 ou le 103 (ambulance). Immobilisez la personne, organisez son transport vers un hôpital et n’attendez pas l’apparition de symptômes marqués.
Évaluer le risque de rencontre
Serpents et araignées ne recherchent pas le contact avec les humains. Une morsure survient plutôt lorsque l’animal est écrasé sous une chaussure, dérangé sous une pierre, coincé dans un vêtement ou saisi. Éloignez-vous calmement : tenter une identification à quelques pas de l’animal augmente le risque sans résoudre le problème.
Les conditions changent selon la région et l’altitude. Vallées sèches, contreforts et terrains pierreux offrent des abris aux espèces qui recherchent la chaleur. Un serpent venimeux peut aussi se trouver sur un sentier fréquenté : la photographie de couverture a été prise dans le parc national d’Ala-Archa.
La couleur, la forme de la tête et le dessin du corps ne suffisent pas à identifier une espèce avec certitude. Les jeunes peuvent avoir un aspect différent, tandis que des espèces inoffensives ressemblent parfois à des espèces venimeuses. Gardez vos distances et laissez l’animal s’éloigner au lieu d’utiliser un guide d’identification à proximité immédiate.
Serpents présents dans le pays
Le ministère des Ressources naturelles classe parmi les serpents venimeux du pays des vipères ainsi que des serpents du genre Gloydius. Un représentant de ce genre vit dans le Tian Shan, avec quelques observations signalées à Ala-Archa. Sa coloration protectrice se confond avec les pierres et la terre sèche.
Le cobra d’Asie centrale (Naja oxiana) figure dans les inventaires scientifiques de la faune du Kirghizstan. Il est présenté comme rare et associé aux habitats secs et pierreux d’Asie centrale. La probabilité d’en rencontrer un au cours d’un séjour ordinaire à Bichkek, à Issyk-Koul ou sur les grands sentiers de montagne reste donc très faible. Ne vous approchez pas et laissez-lui une sortie.
Le cobra d’Asie centrale appartient à la faune recensée au Kirghizstan, mais une rencontre reste rare. Photo : Ali Khani, Wikimedia Commons, CC BY 4.0 ; modifiée pour ce site.
La présentation du ministère des Ressources naturelles (en anglais) cite également le karakourt, les tarentules, les scorpions, les solifuges et les tiques. Cette liste aide à reconnaître les situations possibles, mais seul un médecin détermine la prise en charge après une morsure. Une photographie trouvée en ligne ne remplace pas cette évaluation.
Karakourt et autres arachnides
Pour un voyageur, le karakourt (Latrodectus tredecimguttatus), du groupe des veuves noires, est l’araignée à connaître en priorité en raison du risque médical associé à sa morsure. Il reste dans des abris et peut mordre lors d’un contact accidentel, par exemple s’il se retrouve coincé dans un vêtement ou si sa toile au ras du sol est dérangée.
La coloration du karakourt change avec l’âge. Photo : 0959kedi, Wikimedia Commons, CC BY 4.0 ; modifiée pour ce site.
La morsure peut d’abord ressembler à une piqûre brève. Une douleur croissante, des spasmes musculaires douloureux, des sueurs, des nausées, des vomissements, une faiblesse ou des difficultés respiratoires peuvent suivre. Une petite marque cutanée ne permet pas d’exclure la morsure. Toute altération de l’état général impose une prise en charge médicale urgente.
Le solifuge n’est pas une araignée. Il appartient à un autre ordre d’arachnides et ne possède pas de glandes à venin. Ses mâchoires peuvent néanmoins provoquer une morsure douloureuse : ne le prenez pas à la main.
Le pays abrite aussi de grandes araignées communément appelées tarentules. Leur morsure est généralement décrite comme douloureuse, sans envenimation générale grave dans la plupart des cas. Une difficulté à respirer, une détérioration rapide, des spasmes marqués ou une douleur qui s’étend nécessitent une évaluation médicale urgente.
1/3. Une tarentule difficile à distinguer sur la terre sèche Photo : Sandhu, Wikimedia Commons , domaine public ; modifiée pour ce site.
2/3. Le solifuge possède de grandes mâchoires, mais pas de glandes à venin Photo : Bernard DUPONT, Wikimedia Commons , CC BY-SA 2.0 ; modifiée pour ce site.
3/3. La main donne l’échelle, mais ce contact ne doit pas être reproduit Photo : Alireza5166, Wikimedia Commons , CC BY-SA 3.0 ; modifiée pour ce site.
Prévenir une morsure
Laissez une issue à l’animal
- Portez des chaussures fermées et utilisez une lampe après la tombée de la nuit.
- Regardez le sol avant de vous asseoir ou de poser votre sac.
- Si vous voyez un serpent, arrêtez-vous et laissez-le s’éloigner.
Gardez les mains hors des abris
- Ne glissez pas les mains dans une fissure, un terrier ou sous une pierre.
- Déplacez un objet avec un long bâton en restant sur le côté.
- Portez des gants épais pour manipuler du bois et aménager le camp.
Fermez les accès pendant la nuit
- Choisissez l’emplacement de jour et inspectez le sol.
- Gardez l’entrée et la moustiquaire fermées.
- Ne laissez pas vos chaussures et vos vêtements ouverts sur le sol.
Vérifiez vos affaires avant de repartir
- Vérifiez vos chaussures, votre sac de couchage, votre veste et votre serviette.
- Ne saisissez aucun animal pour une photographie.
- Conservez les déchets et la nourriture dans des contenants fermés afin de ne pas attirer les rongeurs.
La chaleur et la période d’activité influencent la probabilité d’une rencontre. Le guide du climat au Kirghizstan vous aide à comparer les conditions en vallée et en altitude. Pour un itinéraire éloigné, évaluez aussi le type d’activité de plein air et la possibilité d’une évacuation.
Premiers secours après une morsure de serpent
Toute morsure confirmée ou probable demande une évaluation médicale urgente. Le venin peut provoquer un œdème, des lésions tissulaires, des troubles de la coagulation, une faiblesse ou des difficultés respiratoires. L’aspect de la marque cutanée ne permet pas d’évaluer la gravité.
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Éloignez-vous sans tenter de capturer le serpent
Éloignez-vous à bonne distance. Ne tentez ni de capturer ni de tuer le serpent. Une photographie prise de loin ne peut aider le médecin que si elle ne retarde pas les secours et ne crée aucun nouveau risque.
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Appelez le 112 ou le 103
Indiquez le lieu, l’heure de la morsure, l’état de la personne et le moyen de transport disponible. En zone isolée, organisez immédiatement l’évacuation.
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Gardez la personne immobile
Allongez-la, maintenez le membre mordu avec une attelle sans serrer, retirez les bagues, la montre et toute chaussure étroite, puis empêchez-la de marcher.
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Surveillez la respiration et la conscience
Si la personne vomit ou présente une baisse de conscience tout en respirant normalement, placez-la sur le côté et surveillez sa respiration. Si elle ne respire pas normalement, commencez une réanimation cardiopulmonaire en suivant les instructions du 112 ou du 103.
N’utilisez pas de garrot serré. Ne coupez pas et ne cautérisez pas la plaie, n’aspirez pas le venin, ne donnez pas d’alcool et ne forcez jamais la personne à marcher.
L’antivenin est administré dans un établissement de santé lorsqu’il est indiqué. L’Organisation mondiale de la Santé (en anglais) recommande l’immobilisation complète et le transport rapide vers un établissement capable de traiter une envenimation.
Premiers secours après une morsure d’araignée
Considérez la situation comme urgente si la personne a vu un karakourt, a ressenti une morsure dans un lieu où cette araignée s’abrite ou présente des symptômes généraux. En l’absence d’araignée observée, une petite réaction locale ne suffit pas à poser un diagnostic : une piqûre d’insecte, une irritation ou une infection peuvent présenter un aspect similaire.
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Lavez à l’eau et au savon
Nettoyez sans couper la peau et sans essayer d’extraire un éventuel venin.
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Appliquez du froid à travers un tissu
Utilisez une compresse froide contre la douleur et l’œdème. Ne posez pas la glace directement sur la peau.
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Retirez ce qui pourrait comprimer
Enlevez les bagues, la montre et tout vêtement serré, puis gardez la partie atteinte au repos.
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Appelez en cas de symptômes généraux
Composez le 112 ou le 103 si la douleur devient forte ou s’étend, ou si apparaissent des spasmes musculaires, des sueurs, des vomissements, une faiblesse ou des difficultés respiratoires.
Pour un enfant, une personne enceinte, une personne âgée ou quelqu’un atteint d’une maladie chronique grave, demandez plus rapidement un avis médical. Ne cherchez pas à obtenir ou à injecter vous-même un antivenin.
Préparer un itinéraire éloigné
Loin d’une ville, le délai d’accès à l’hôpital importe davantage que l’identification d’une espèce à partir d’une photographie. Enregistrez une carte hors ligne, les coordonnées de la localité la plus proche, les numéros 112 et 103, le contact de l’hébergement ou du guide et une solution de transport de secours. Transmettez votre itinéraire et l’heure de retour prévue à un proche.
Une trousse de secours ne traite pas une envenimation. Elle peut contenir de quoi rincer, un tissu propre, une poche de froid, une bande servant uniquement à maintenir une attelle sans comprimer et vos médicaments personnels. Avant un parcours difficile, vérifiez si l’assurance exclut le trek, l’évacuation ou les activités au-dessus d’une certaine altitude.
Le guide de la faune du Kirghizstan complète ces précautions par les bons réflexes face aux ours, chiens de troupeau et tiques. Pour les zones sèches du sud, consultez aussi notre guide de la région de Batken afin de choisir une base de départ et d’évaluer la couverture mobile ainsi que la distance jusqu’aux soins.
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